The

car that

is different.

(annonçait la publicité de la Gloria en 1933)  

 

 


 

 

Triumph

                   Gloria 

En 1933, la société Triumph  se sépare de son activité motocyclettes, la « Super Seven » devient la « Super Eight » ; la première « 12/6 », la « Super Nine», la « Ten », la « Southern Cross » et la « Gloria » voient le jour.

La « Southern Cross » est en fait une version sportive de la «Ten ».

En 1933, la Triumph « Gloria » est d’abord présentée d’abord en version berline, quatre portes, équipée d’un moteur Coventry Climax quatre cylindres de 1087 cm3. Pourquoi la société Triumph a-t-elle appelé sa nouvelle voiture la « Gloria », il y a deux théorie :

  1. La marque « Gloria » avait été utilisée précédemment par Triumph pour une motocyclette mais Triumph s’est séparé de son activité motocyclette la même année, en 1933 ! La société Triumph a-t-elle cédé l’activité motocyclette en gardant la propriété de la marque « Gloria », c’est une des théories.
  2. « Gloria », c'était également le nom d'un célèbre mannequin du magasin Selfridges à Londres. Triumph a utilisé à plusieurs reprises ce mannequin pour promouvoir sa « Gloria ». Certains attribuent l’origine de la figurine sur le bouchon de radiateur de certaines « Gloria » à ce mannequin mais c’est toutefois peu probable. Triumph a vraisemblablement d’abord fabriqué la voiture, y inclus le bouchon de radiateur, nommé sa nouvelle voiture « Gloria » et puis engagé le mannequin !

 

Triumph « Gloria » Monte Carlo Tourer

En 1934, Triumph lance la « Gloria » version « Monte Carlo Tourer »  avec laquelle un certain Donald Healey remporte la troisième place au classement général et la victoire de catégorie au rallye de Monte Carlo. Cette « Gloria Monte Carlo Tourer » possède de nombreuses particularités dont certaines sont vraisemblablement à l’origine de cette victoire au Monte Carlo.


Le moteur, un Coventry Climax est toujours le même que celui de la berline, soit le quatre cylindres de 1087 cm3 ou le quatre cylindres de 1232 cm3. Les rallyes de l’époque n’étaient pas des rallyes de vitesse pure tels que nous les connaissons aujourd’hui mais bien des rallyes de régularité. Il y avait lieu de pointer à l’heure aux différents endroits de passage du rallye.


 

Pointer trop tôt ou trop tard par rapport au temps idéal, une pénalité était appliquée. Gagnait le rallye ou la catégorie celui qui à l’arrivée avait accumulé le moins de pénalités.

 

Afin de concourir dans la catégorie moins de 1100 cc,  Donald Healey utilisa lors du Monte Carlo de 1934 la version 1087 cm3 du Coventry Climax.

 

Deux carburateurs Zenith à ouverture différenciée gavent le Coventry Climax ce qui lui permet de développer 48 cv. Deux pompes à essence électrique de marque SU sont installées sur le tablier, une en fonction, l’autre en réserve. En 1934 déjà, elles n’avaient pas bonne réputation ! Le réservoir d’essence spécifique à la version « Monte Carlo » a une capacité de 77 litres afin de pouvoir parcourir de grandes distances sans ravitailler.


 


 

L’équipement électrique de cette voiture est en 12 volts.

Elle possède un démarreur électrique ce qui n’est pas courant à l’époque.

Les phares avants sont équipés d’une ampoule à un seul filament. Le passage de feux de route en feux codes est réalisé en basculant le réflecteur du phare gauche au moyen d’un électroaimant. Il bascule pour éclairer le bas côté (à gauche !)


pendant que le phare droit s’éteint pour ne pas gêner les conducteurs de véhicules en sens inverse (conduite à droite).

 


Le moteur est équipé d’un delco monté en bout d’arbre de génératrice ! Traditionnellement une génératrice est entrainée par courroie mais dans ce cas, elle est entrainée par une chaine enfermée dans un carter à l’avant du bloc ce qui assure la synchronisation du delco avec l’embiellage.


 

Afin d’améliorer le système de refroidissement moteur de type thermosiphon, tel que monté sur la « Southern Cross », Triumph a ici ajouté une pompe à eau entrainée par courroie.

 

La boite de vitesse est une boite à quatre vitesses non-synchronisée. Elle possède un système de roue libre débrayable au tableau de bord comme sur toutes les « Gloria ». L’objectif de ce système n’était pas, comme parfois entendu, de limiter la consommation dans les descentes mais bien de pourvoir changer de vitesse sans débrayer (vitesse non-synchro / accès des dames à la conduite automobile) et/ou de pouvoir présélectionner les vitesses ! Une des rares modifications apportées par Donald Healey sur la voiture qu’il utilisait au Monte Carlo, a été de supprimer ce système de roue libre. Il savait se servir d’une boite non-synchro (double débrayage) et préférait disposer du frein moteur !

 


La voiture possède deux roues de secours. L’objectif était de disposer de deux roues équipées de pneus neiges. Elle possède également trois crics type losange fixés à demeure sur la suspension, un sur chaque lame de suspension arrière et un monté sur la traverse avant. Ceux-ci permettaient à l’équipage de procéder rapidement au changement de roue en fonction des conditions atmosphériques.

 


 

La dureté des amortisseurs à friction étaient réglables, séparément pour l’avant et l’arrière. Le réglage de la dureté des amortisseurs pouvait être modifié en cours de route au moyen de deux molettes situées sur le tableau de bord en face au copilote. Ces molettes commandent un système hydraulique avec manomètre de contrôle.

 

 

La Gloria est équipée de freins à commande hydraulique.

 

La structure de la carrosserie est en bois. Cette structure est recouverte d’une carrosserie en aluminium sauf les ailes qui sont en acier. Elle possède un équipement tout temps « all wheater » avec « side screens » pour pouvoir affronter les conditions atmosphériques hivernales du Monte Carlo. Comme cette voiture était destinée à participer à des épreuves sportives sur le continent, elle était équipée à l’arrière de deux plaques d’immatriculation, une à gauche et une à droite.

 

Sa vitesse de pointe : 117 km/h, remarquable pour une 1087 cc de 1934.